Une toiture-terrasse inaccessible n’est pas forcément un ouvrage complexe au premier abord, mais elle est bien souvent parsemée de multiples sorties : évacuations d'eaux pluviales, ventilations primaires, exutoires de fumée, ou encore souches de VMC.
Très vite, la cinquième façade du bâtiment peut se transformer en un véritable champ de mines.
Si toutes ces sorties sont indispensables, leur émergence sur la toiture doit respecter des règles strictes pour garantir la pérennité de l'étanchéité.
Voyons ensemble les règles de l'art à connaître:
1/ Pourquoi est-ce si important d'espacer les ouvrages ?
C'est une question d'homogénéité du revêtement, mais surtout de faisabilité sur le chantier.
En effet, quel que soit le talent du compagnon étancheur, il lui est physiquement impossible de réaliser un pont d’étanchéité correct et durable entre deux souches distantes de seulement 5 centimètres. Pour qu'un professionnel travaille au minimum de manière correcte, il a besoin de l’espace de deux mains, soit environ 25 à 30 centimètres de vide.
De plus, une toiture-terrasse, même inaccessible, doit être équilibrée et pensée pour l’avenir.
Dès lors qu'une VMC ou un autre équipement s'y trouve, on parle d'entretien régulier.
L’étancheur lui-même doit pouvoir circuler sur un cheminement technique dégagé pour inspecter les ouvrages. Si les souches sont trop rapprochées, le contrôle visuel devient impossible, le risque de fuite est démultiplié, et les interventions après-coup virent au cauchemar.
2/ La règle de base : Les distances minimales selon le DTU 20.12
Pour éviter les mauvaises surprises, le DTU 20.12 (Gros œuvre en maçonnerie des toitures destinées à recevoir un revêtement d'étanchéité) définit précisément la distance minimale à respecter entre deux ouvrages émergents voisins.
La règle est logique : plus l’élément saillant est grand, plus la distance de sécurité avec son voisin doit être importante. Le DTU nous fournit un tableau clair à retenir (applicable également vis-à-vis des acrotères et des joints de dilatation) :
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Pour un élément de largeur ou longueur L < 0,40m : La distance minimale doit être de 0,25 m.
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Pour un élément compris entre 0,40m\L \1,20 m: La distance minimale passe à 0,50 m.
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Pour un élément de grande taille L > 1,20 m : La distance minimale doit être de 1,00 m.
Note : Ces quotas s'appliquent à tout ouvrage émergent : souche de ventilation isolée, VMC, lanterneau, exutoire ou groupe de conduits, et doit aussi être pris en compte contre acrotère, ou costière JD.
3/ Les Évacuations d'Eaux Pluviales (EP) : Pièges et dimensions
L'implantation des entrées d'eaux pluviales (EP) répond à une règle de répartition essentielle : la distance maximale entre une entrée d'eau et l'extrémité de l’ouvrage de collecte (chéneau, caniveau, noue) ne doit pas dépasser 30 mètres,sur toiture terrasse inaccessible. L'objectif est de limiter le parcours des eaux de pluie sur la toiture à 30 mètres maximum depuis n'importe quel point.
Concernant la mise en œuvre, il ne suffit pas de prévoir la réservation du moignon.
Sauf cas spécifique de toiture avec rétention d'eau, il faut impérativement intégrer un décaissé au droit de la platine du moignon.
Ce léger renfoncement permet, par effet d'aspiration, d'emmener efficacement l'eau vers l'évacuation sans créer de surépaisseur stagnante.
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Ce que dit le DTU : Le décaissé doit mesurer au minimum 170 mm de côté et avoir une profondeur de 15 mm.
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Le conseil du pro : Au vu de l'épaisseur réelle des platines de plomb ou d’élastomère, viser une profondeur de 20 mm n’est pas du luxe pour garantir que l’eau file sans obstacle.
4/ Pas de secret : Tout se joue pendant la réunion de synthèse !
On ne va pas se mentir : sur le chantier, quand le maçon coule sa dalle, que le plombier passe ses PVC et que l'électricien tire ses gaines, chacun regarde un peu son propre nombril.
Résultat ?
L'étancheur arrive en bout de course, découvre le carnage des réseaux trop serrés, et c'est le début des hostilités.
Pour s'éviter des sueurs froides (et des avenants salés), la réunion de synthèse en phase de préparation est votre meilleur allié. Mettre tout le monde autour d'une table avec les plans de réservation avant de couler le moindre mètre cube de béton offre d'énormes avantages :
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Zéro improvisation : On valide les plans de réservation en croisant les besoins de chaque lot (CVC, plomberie, électricité) avec les exigences de distances du DTU .
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Économie de temps et d'argent : Modifier un plan sur AutoCAD ou sur un coin de table prend 5 minutes. Repercer une dalle béton ou décaler un réseau de VMC posé à cause d'un refus de l'étancheur ou du contrôleur technique, ça coûte un bras.
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La paix sur le chantier : Quand chacun sait exactement où il doit sortir, les compagnons travaillent proprement, sans se marcher sur les pieds.
N'oublions que les normes évolues, et les exigences aussi, pensons à l'intégration des isolant thermiques en relevés qui s'ajoutes à ces distances par exemple.